19 décembre 2009
Alone Again - Naturally
Moi, jdis, ya des choses qui se perdent, yaka voir
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13 décembre 2009
En attendant le pire
Ce sont deux ombres, au loin, qui marchent, qui se baladent, dans la neige, sous la neige.
L’herbe verte se recouvre gentiment d’un manteau blanc, comme une poudre comme une interpellation. Dans les champs, l’on voit les marques de passages, et les arbres nus ont leurs bras jetés vers le ciel. Quelques pommes pendent, encore, par ci, par là, comme si l’automne voulait s’accrocher.
Il neige, l’hiver approche, Noël aussi. Je n’aime pas Noël, et toutes ses interprétations faux-cul, rendez-vous familiaux obligés, où tout le monde est là mais personne n’aimerait être là, où tous parlent avec tous, mais par obligation.
Noël qui montre pathétiquement les liens familiaux brisés, qui n’ont pas su, pas voulu résister au temps, ces familles qui n’ont jamais voulu se séparer, ce qui a crée la séparation.
Noël, Noël.
J’aime la neige, j’aime l’hiver, j’aime le froid qui me mord les joues, qui m’irrite les mains, qui me fissure les lèvres, encore et encore.
L’homme et son chien sont partis, je ne les vois plus depuis la fenêtre, mais la campagne est tranquille, sous la neige qui tombe, doucement, un peu, mais il fait trop froid, pour neiger.
Il fait un temps de mélancolie, de vin rouge, d’évocation de souvenirs, de folk, de feux de bois, de cheminées, de manteaux, d’écharpes et de gants de laine. Il fait un temps de danse, de feu, d’alcool à flot, pour se réchauffer, dans un vin chaud.
Un temps de théâtre, un temps où il faut créer la vie dans la nature qui s’endort, un temps…de rage, dans les esprits du monde, avant qu’ils ne partent, en dépression, tout, ensemble, en se tenant la main, infiniment.
Fond de teint:
EN ATTENDANT LE PIRE - DEBOUT SUR LE ZINC
envoyé par Nev3r-Mind. - Regardez la dernière sélection musicale.
06 décembre 2009
Quais de rues
J’ai cherché le traducteur de mes pensées au fond du verre, mais il n’y était plus. Peut-être s’était-il caché, peut-être l’avais-je caché ?
J’ai replongé dans des souvenirs pour comprendre le sens qu’avait ma vie, et n’y ai trouvé que des semblants d’explications, des petites lumières qui illuminent quelques instants, quelques explications, mais pas de réponses à mes questions.
J’ai fouillé la foule constante partout dans cette ville, dans une autre ville, dans les gares, les trains, les bus, les bars, les cafés, la nature, la rivière qui nous entoure, à la recherche de son visage, du souvenir que j’avais de ses yeux, du vol déjà fait d’un regard, d’une présence.
Une présence, rien qu’une présence, un souffle, un béret, une paire de lunettes sur son nez, et puis, sans explication, de l’endroit où j’étais, je suis partie en courant, me demandant à quoi rimait tout cela.
J’ai volé des rires d’enfant dans le train, des embrassades, de l’amour, constant, bouillant, de cette fillette, et mon cœur s’est serré sous mon manteau.
Des rimes musicales et poétesses se sont mélangées dans mes oreilles, et mes jambes étaient lourdes des escapades dans la capitale, dans la nuit, sans but, sans sens, juste un besoin de marcher dans le froid.
J’ai laissé mon âme dériver dans des mots qui n’étaient pas les miens, j’ai laissé les personnes vivre leur vie tranquillement, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire devant cette diversité de personnes devant ma porte, la diversité des langues, la diversité des questions dans ma tête.
Et j’ai compris, compris que je ne pouvais, non, n’arrivais pas à vivre sans cette présence, en moi, cette bile noire qui me ronge, me torture, me hante, fait ma vie, la détruit, la reconstruit, j’ai vu qu’elle était part de moi-même, que je ne pouvais la combattre pleinement, que je ne le voulais même pas, qu’elle faisait partie de mes rêves, de mes nuits, de mes pas, que je ne pouvais que l’accepter, et tenter de la contrôler, encore et encore, afin qu’elle ne me bouffe pas entièrement, qu’elle ne m’arrache pas l’âme, qu’elle ne laisse pas mon corps vide sur cette terre.
Schizophrénie dans le ventre, misanthropie dans les yeux, regard loin, loin, loin.
Et Joe Dassin dans les oreilles, encore, encore et encore.
A quoi bon ? Je suis née à la mauvaise époque, le monde a changé trop vite pour que mon être puisse, ou veuille s’y adapter.
Et je reste, sur le trottoir, sur le quai, laissant les gens, les trains, partir, sans moi, encore et encore.
03 décembre 2009
Maladie morale
Tous ces livres que l'on ne lira jamais.
Tous ces textes que l'on n'écrira jamais.
Tous ces poèmes que l'on ne récitera jamais.
Toutes ces fables que l'on ne connaîtra jamais.
Toute cette musique que l'on n'écoutera jamais.
Toutes ces notes que l'on ne jouera jamais.
Tous ces frissons que l'on ne ressentira jamais.
Toutes ces personnes que l'on ne connaîtra jamais.
Tous ces cours que l'on ne suivra jamais.
Tous ces professeurs que l'on n'écoutera jamais.
Toutes ces conférences auxquelles l'on n'assistera jamais.
Toutes ces choses que l'on ne dira jamais.
Tous ces mots que l'on ne prononcera jamais.
Tout ce temps qui ne passera pas...jamais.
La solitude me bouffe.
22 novembre 2009
Passé
Au début, tout cela n'était rien d'autre que normal, naturel, presque banal: un simple nettoyage, un simple triage, un simple formatage.
Et puis, malgré toute notre bonne volonté, l'immersion dans les images nous révèle notre passé que l'on avait tabou, caché, qui n'est pas si lointain. Et il nous englobe, nous envahit, nous bouffe.
Les émotions passées remontent à la surface. Amour, beaucoup d'amour, et beaucoup d'incompréhension, de ma part, de leur part, de notre part.
On coupe, on casse, on trie, on jette, la poubelle mange, mange, et finalement, c'est à se demander à quoi bon.
Avant d'accepter les autres, accepte-toi toi-même, là est la source de l'amour et de la compréhension d'autrui.
Sentir l'impuissance monter en soi, et vouloir fuir, s'enterrer, sous un tas de feuillages, de branchages.
Fuite
Et puis, tout nous reprend, il faut continuer, recoller bout à bout son passé laissé là, sur le bord du rivage, recoller chaque morceau, un à un, refaire les activités passées, taboues, une fois, une seule fois, pour clore enfin le chapitre, pour mettre le point final à la page, pour pouvoir la tourner
Le passé nous engloutit lorsque l'on y replonge, les activités nous attirent, nous font mal, et l'on comprend que l'on est dans le faux, et l'on ne comprend plus où est la vérité.
A la fin, on aimerait surtout s'enfuir, tout lâcher et partir, partir là où l'on est bien, le mieux, au calme, entouré de personnes qui jamais de nous poserons de questions sur nous, qui ne sont qu'amour.
Finalement, pourquoi ce mot ? non pas pour que l'on me plaigne, non pas pour que l'on m'aime, non pas pour que l'on me haïsse, moi pour qui les mots ne parlent plus, moi pour qui les mots se sont éteints, cachés au fond d'une part obscure de mon coeur, non pas pour me lire, mais pour une seule chose, finalement.
Pour leur dire, à eux, à vous, à nous, que la vie est belle, que le passé est un bordel, et que malgré tous mes faux pas, pardonnez-moi.


