Plume & Papier

Lorsque la plume crisse doucement sur un bout de papier, ou dans un carnet. Lorsque les rêves et les pensées s'animent, lorsque la poésie rencontre une âme, lorsque les mots s'impriment, pour exprimer une pensée, une émotion, un désir,...

03 novembre 2009

Feuilles mortes

Recopier des mots, lettre par lettre, ligne par ligne, en créer une photocopie presque exacte, où même l’écriture ressemble tant à l’original que l’on se trompe.

Se permettre de rêver dans un monde où le rêve est banni, où l’on s’accroche à une réalité qui n’est rien d’autre qu’une illusion, parce que l’on doit le faire, matériau de survie.

Le bruit de l’eau qui bout dans ces quelques pièces silencieuses, hantées par le bruit de la nuit, doux, et de sa certitude, de son désir de paix dans les cœurs.

Gribouiller quelques mots en un alphabet qui n’existe plus, ou si peu, bredouiller des paroles dans son cœur, dans sa tête, et ne pas pouvoir retenir le sourire qui doucement se dessine sur le visage.

Ricochets.

Au loin, seul le bruit des voitures circulant dans la ville perce le silence nocturne, mais même ce bruit est caché, masqué par le vent qui souffle, souffle.

J’aime marcher sur des trottoirs jonchés de feuilles mortes, j’aime l’odeur de l’automne, de la pluie dans la ville, de cette nature qui montre qu’il faut compter sur elle dans toutes les situations. J’aime ces sols rendus glissants par un amalgame d’objets que l’on ne peut diriger, que l’on ne peut choisir, que l’on ne peut interdire.

Même dans les murailles de béton, la nature triomphe, par la présence de sa nuit, de son silence, de son vent glacial, qui perce les vêtements de saison, qui gèle les corps réchauffés jusqu’aux os.

J’aime cette douce mélodie dans mes oreilles, ces douces pensées rêveuses qui font partie d’un autre monde, ce besoin, presque pathétique, d’aimer à n’en plus pouvoir, à n’en plus finir, cette vie et cette solitude, malgré tout.

Au loin, une porte claque.

Le silence se brise, l’eau ne bout plus dans la casserole, tout s’estompe, mais la nuit reste. Elle seule reste, envers et contre tous, et elle nous susurre à l’oreille des mots tantôt durs, tantôt tendres : ne m’oubliez pas, oh non, ne m’oubliez pas, mais même si vous le vouliez, vous ne pourriez m’oublier, car je reviendrai, encore et encore, chaque soir, jusqu’à votre mort, et même plus longtemps encore.

Posté par Celinouchka à 21:17 - Cé a la tête dans les étoiles - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Merci! Tout simplement merci pour partager ce moment d'émotion sincère. Je suis ému. Cette histoire me rappelle une anecdote personnelle.

    La nuit reste souvent trop longtemps, voilà pourquoi dans l'illusion globalisée il faut de vrais rêveurs.

    Becs
    Alex
    Posté par Alexandre, 22 novembre 2009 à 00:41
  • Merci.
    Posté par Céline, 22 novembre 2009 à 11:02

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