Plume & Papier

Lorsque la plume crisse doucement sur un bout de papier, ou dans un carnet. Lorsque les rêves et les pensées s'animent, lorsque la poésie rencontre une âme, lorsque les mots s'impriment, pour exprimer une pensée, une émotion, un désir,...

07 novembre 2009

Forcer les entraves de nos chaînes

Entendre des accords mortuaires, funèbres, qui résonnent dans sa tête. Comme un marteau, BANG, BANG, BANG…Encore et encore, encore, encore, plus fort, toujours plus fort.

 

Sentir sa peau se plisser, il fait si froid, si froid, dans cette pièce surchauffée. Mon cœur est de glace, de marbre froid, fumant de givre.

 

BANG, BANG, BANG, les accords résonnent, ils nous rappellent à la vie, parlent de la mort et nous montrent, malgré eux, la vie.

 

Chemin de souffrance qui nous montre la réalité, notre monde, et notre faiblesse, BANG, BANG, la mort est si proche, la souffrance est en nous, une souffrance qui nous caractérise, qui nous fait VIVRE !

 

Un cri de lumière, BANG, qui nous traverse, nous éblouit, nous jette à terre.

 

Le murmure incessant de la mort qui rôde autour de nous, le galop féroce des walkyries qui n’attendent que cela, de nous prendre, nous, nos vies, de nous emporter.

 

Tout s’emmêle sous mes doigts, qui tapent, frappent ce clavier avec violence, je voudrais le noyer, le tuer, comme il me tue, comme cette musique qui hurle, me fait hurler, souffrir, et mes doigts qui courent, mes yeux qui se ferment, et tout s’emmêle, encore, et encore.

 

BANG, BANG, BANG !!! REVEILLE-TOI, VIVANT, SORS DE CE ROYAUME DE TENEBRE ET DE TRISTESSE !!

 

Du sang, sur mes mains, sur mon corps, dans mon être, mon cœur transpercé de flammes épaisses.

 

Et je suis vide, vidée de mon sang, vidée de tout.

 

Seule la vie m’anime, cette vie visible dans ces accords macabres, cette vie que l’on voit dans la mort.

 

Une main m’emporte, me fait me retourner.

 

Tout est fini.

Posté par Celinouchka à 22:50 - Cé a la tête dans les étoiles - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Subir l'enchaînement pendant un temps, un temps restreint. Se sentir enfermer et devoir écrire. Avoir l'impression de ne plus sentir le sang s'écouler. Entendre comme des explosions dans la tête, des détonations de souffrances. Subir un peu, oui, mais se rappeler toujours qu'on ne peut que ressentir le sang couler dans les veines.

    Alors renaître. Écrire. Après avoir joué avec le diable, écrire. Comme pour chasser ce démon, écrire. Cracher sur les flammes ténébreuses pour les éteindre, écrire. S'opposer vivement à cette tristesse, écrire.

    Écrire d'une plume précise et violente ce que le coeur ressent à un moment donné. Laisser parler, à travers l'écriture, le coeur. Celui-ci parfois étouffé, ou libéré. Lui donner la parole directement comme tu le fais avec merveille. Sort de tes chaînes à l'aide d'une clé de mots. Continue, c'est authentique! Néanmoins laisse plus de place à la vie, elle est bien plus brillante que l'ombre. La vie brille continuelle alors que la mort qui rode ne fait que passer. Il faut la repousser. L'enfer aussi joue avec nous. Il joue, c'est tout. Il nous teste. Utilise la force de ta lumière textuelle pour illuminer les moments d'ombres. Tu en es largement capable depuis que je me laisse prendre par tes mots, ton blog. Repousse par ta plume lumineuse le sombre.

    Aperçoit le point extrêmement lumineux au fond de la pénombre. Par l'écriture, ton écriture, crie la rage en silence. Solstice de changement, BANG, BANG, plus d'enfer, ressortir. Rappelle-toi de ces souffrance. Refuse-les. Dit non comme "Le Cancre" de Prévert:

    "Il dit non avec la tête
    mais il dit oui avec le coeur
    il dit oui à ce qu'il aime
    il dit non au professeur
    il est debout
    on le questionne
    et tous les problèmes sont posés
    soudain le fou rire le prend
    et il efface tout
    les chiffres et les mots
    les dates et les noms
    les phrases et les pièges
    et malgré les menaces du maître
    sous les huées des enfants prodiges
    avec des craies de toutes les couleurs
    sur le tableau noir du malheur
    il dessine le visage du bonheur"

    Je suis content que tu apprécie aussi ce grand poète. Merci pour le passage et le commentaire sur mon blog.

    Salutations,
    Alexandre
    Posté par Alexandre, 22 novembre 2009 à 00:33
  • L'écriture éclatante ne peut sortir d'un bonheur parfait, là est le malheur.

    Un paradoxe vivant, inviolable, et pourtant qui fait mal, mal, comme les accords d'une sonate impériale, grande, ténébreuse, et triste dans sa grandeur.

    J'aime ce poème de Prévert, le savais-tu ? il nous montre cet être que nous sommes, qui subissons, mais qui se rebelle au fond de lui-même, encore et encore, et qui sourit au soleil, et qui dit aux autres, en voyant ses rayons se refléter sur son visage: peu m'importe ce que vous m'avez fait, peu m'importe tout, finalement, car moi, je vis pour la lumière, pour le peu que j'en vois, mais pour tout ce qu'elle m'apporte.
    Posté par Céline, 22 novembre 2009 à 11:00

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