Plume & Papier

Lorsque la plume crisse doucement sur un bout de papier, ou dans un carnet. Lorsque les rêves et les pensées s'animent, lorsque la poésie rencontre une âme, lorsque les mots s'impriment, pour exprimer une pensée, une émotion, un désir,...

06 décembre 2009

Quais de rues

J’ai cherché le traducteur de mes pensées au fond du verre, mais il n’y était plus. Peut-être s’était-il caché, peut-être l’avais-je caché ?

J’ai replongé dans des souvenirs pour comprendre le sens qu’avait ma vie, et n’y ai trouvé que des semblants d’explications, des petites lumières qui illuminent quelques instants, quelques explications, mais pas de réponses à mes questions.

J’ai fouillé la foule constante partout dans cette ville, dans une autre ville, dans les gares, les trains, les bus, les bars, les cafés, la nature, la rivière qui nous entoure, à la recherche de son visage, du souvenir que j’avais de ses yeux, du vol déjà fait d’un regard, d’une présence.

Une présence, rien qu’une présence, un souffle, un béret, une paire de lunettes sur son nez, et puis, sans explication, de l’endroit où j’étais, je suis partie en courant, me demandant à quoi rimait tout cela.

J’ai volé des rires d’enfant dans le train, des embrassades, de l’amour, constant, bouillant, de cette fillette, et mon cœur s’est serré sous mon manteau.

Des rimes musicales et poétesses se sont mélangées dans mes oreilles, et mes jambes étaient lourdes des escapades dans la capitale, dans la nuit, sans but, sans sens, juste un besoin de marcher dans le froid.

J’ai laissé mon âme dériver dans des mots qui n’étaient pas les miens, j’ai laissé les personnes vivre leur vie tranquillement, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire devant cette diversité de personnes devant ma porte, la diversité des langues, la diversité des questions dans ma tête.

Et j’ai compris, compris que je ne pouvais, non, n’arrivais pas à vivre sans cette présence, en moi, cette bile noire qui me ronge, me torture, me hante, fait ma vie, la détruit, la reconstruit, j’ai vu qu’elle était part de moi-même, que je ne pouvais la combattre pleinement, que je ne le voulais même pas, qu’elle faisait partie de mes rêves, de mes nuits, de mes pas, que je ne pouvais que l’accepter, et tenter de la contrôler, encore et encore, afin qu’elle ne me bouffe pas entièrement, qu’elle ne m’arrache pas l’âme, qu’elle ne laisse pas mon corps vide sur cette terre.

Schizophrénie dans le ventre, misanthropie dans les yeux, regard loin, loin, loin.


Et Joe Dassin dans les oreilles, encore, encore et encore.

 

A quoi bon ? Je suis née à la mauvaise époque, le monde a changé trop vite pour que mon être puisse, ou veuille s’y adapter.

Et je reste, sur le trottoir, sur le quai, laissant les gens, les trains, partir, sans moi, encore et encore.

Posté par Celinouchka à 19:27 - Cé cause pour rien dire - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Les neiges ne sont pas si blanches

    Constamment hanté par des questions sans réponses, habité par des démons dont on ignore presque tout. Ronger de l'intérieur. Continuellement battre. Perdre de l'énergie. Se fatiguer de la vitesse. User l'âme par trop d'air froid respiré.

    Trembler devant les embrassades sur les quais. Se sentir seul à la vue de l'amour qui part sans retour. Il prend le rail. Wagon souffrance, siège noir; se promener de peur de se faire ronger.

    Salutations
    Alex
    Posté par Alexandre, 19 décembre 2009 à 00:27

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